Suivi grossesse : plutôt sage-femme ou gynécologue ? Partie I

Suivi gynécologue
Suivi sage-femme
Grossesse

Quels sont les avantages et les inconvénients des deux suivis ? Quelles sont les principales différences entre une sage-femme et un gynécologue ? Ce sont deux approches assez différentes de la grossesse, l’une est plus médicalisée et l’autre souvent perçue comme « plus humaine ». Pour ma première grossesse, j’ai choisi un suivi avec une sage-femme et pour ma seconde grossesse, un suivi chez le gynécologue. Aujourd’hui, je te partage les différences que j’ai pu vivre au travers de mon expérience.

Ma première grossesse …

Ma première grossesse commence au printemps 2017, très exactement le 14 avril 2017. Les symptômes sont flagrants, je découvre très rapidement que je suis enceinte le 23 avril 2017 (c’était le jour du premier tour des élections présidentielles, on s’en souviendra). Et là, comme tout début de première grossesse : c’est un peu le vent de panique. On fait quoi maintenant ? Quelle est la marche à suivre ? J’aime bien, par nature, faire les choses ‘dans l’ordre’ et j’ai peur de commencer à l’envers et de rater des étapes clefs. Même si la grossesse n’est pas du tout avancée et que je ne suis pas du tout en retard … j’ai peur de l’être un peu quand même ! Je sais qu’il y a des histoires de déclaration à faire, diverses échographies, prises de sang à planifier à des moments assez précis. C’est très brouillon dans ma tête et beaucoup de questions s’accumulent.

… a commencé par un suivi gynécologue

J’ai l’habitude du suivi classique assuré par un gynécologue, c’est pour cela que l’idée c’est imposée d’elle-même. Je ne suis même pas sûre de m’être vraiment posée la question du type de suivi que je souhaitais pensant que le suivi gynécologue était le ‘seul possible’. Je fais quelques recherches dans mon entourage et sur le net. J’entends parler d’un fameux gynécologue assez réputé dans une clinique privée proche de chez moi : Dr B. Après m’être renseignée sur les rendez-vous clefs du tout début de grossesse, je décide de prendre rendez-vous autour de 6 SA pour l’échographie de datation.

Une longue attente se met en place (forcément quand on découvre sa grossesse à 9 DPO – 9 jours à après l’ovulation), il faut attendre une vingtaine de jours avant d’espérer voir quelques choses. Je me dis qu’à cette échographie de datation je vais pouvoir poser toutes mes questions (je les avais toutes notées sur un papier). Ce sont des questions de tous types : Administratives, développement de l’embryon, alimentation pendant la grossesse et compléments alimentaires … Des tonnes de questions de toutes natures. En bref, je suis perdue avec un grand besoin d’écoute et d’être rassurée.

Le 15 mai arrive finalement ! Le gynécologue a une vingtaine de minutes de retard, je patiente un peu dans la salle d’attente avec mon compagnon (le futur super papa 🙂 ). C’est finalement notre tour ! Le bureau et la salle d’examen sont dans un joyeux bazar, beaucoup de livres, d’affiches et de tableaux sont disposés un peu partout… Nous nous installons au fond de la pièce très sombre sur les deux chaises . Le gynécologue B. me demande comment je vais, mes antécédents, la date de mes dernières règles et si j’ai des symptômes de grossesse. Je lui réponds brièvement que « ça va », que je commence à avoir la nausée, ce qui est plutôt bon signe, et lui parle des antécédents dans ma famille.

Très vite, il me demande de me déshabiller et de m’installer pour l’échographie. Très impatiente, je m’installe et nous découvrons avec beaucoup d’émotions la petite lentille de quelques millimètres qui s’est installée et les battements de son cœur. Ça y est, l’échographie est déjà finie. A ce stade, peu de chose à vérifier. Je me rhabille et nous nous installons de nouveau sur les chaises du fond de la pièce.

Le grand moment arrive : Vous avez des questions ? « Euh oui … Quelques unes ». Je pose mes deux premières questions, puis une troisième… J’obtiens des réponses assez brèves et peu personnalisées. Ce n’était pas vraiment ce que j’espérais en ce moment de chamboulement hormonal et de quêtes de repères fiables. Finalement, je décide de replier mon petit papier sur lui-même en laissant une bonne dizaine de questions sans réponse. Après réflexions, je pense que toutes ces questions n’étaient en fait que des ‘prétextes’ à la discussion, j’avais simplement envie de parler de ce qu’il était en train de se passer en moi pour essayer de conscientiser un peu plus tout ça.

Que s’est-il passé après ? Plusieurs semaines ont ‘défilé’, les yeux rivés sur mes applications de suivi de grossesse pour essayer d’en apprendre davantage sur la magie qui opérait à l’intérieur de moi. Malgré les documents que je pouvais trouver sur le net et les bribes d’informations administratives et autres calendriers de grossesse, je ne me sentais toujours pas bien, comme si quelque chose manquait. Je me sentais encore perdue, pleine de questions et abandonnée dans cette grossesse.

Des questions sans réponse

Vers 10 SA, toujours aussi perdue, je me suis rendue ‘en détresse’ dans une PMI / Maison des solidarités près de chez moi. On me demande à l’accueil de raconter ce qui m’arrive et la raison de ma venue. Je dis que je viens d’apprendre que je suis enceinte, que j’ai de nombreuses questions sans réponse et …. Je craque devant la secrétaire.

Elle me demande si je suis seule et sans le papa : « Ah non pas du tout, je suis toujours en couple avec le papa ! ». La secrétaire poursuit en me demandant s’il est content de la nouvelle : « Oui, il est super content, on est tous les deux super contents ». Elle continue et me demande si la grossesse se passe bien : « Jusqu’à présent, tout se passe bien ». Elle finit par conclure « Eh bien tout va bien alors, c’est une super nouvelle ! ». Et elle avait raison ! La secrétaire me demande finalement de patienter dans la salle d’attente, je vais rencontrer quelqu’un même si ‘tout va bien’.

Une sage-femme d’une cinquantaine d’année vient me chercher et me fait asseoir. Je comprends assez vite que la secrétaire lui a fait un petit résumé de mon histoire. La sage-femme arbore un sourire rassurant et un air fort sympathique. Je me sens tout de suite en confiance. Je lui raconte alors un peu plus en détail ce qui se passe et évoque l’échographie de datation avec le gynécologue B. qui c’est, en soit, très bien passé mais que je n’ai pas pu poser mes questions…

Au bout d’une quinzaine de minutes, elle finit par conclure :  » Je sais exactement ce qu’il vous faut : un suivi avec une sage-femme ! Dans le quartier il y a deux cabinets très bien, avec des femmes adorables vraiment passionnées par leur métier… par exemple Mme S. ou Mme R. Vous pouvez les contacter et dire que vous venez de ma part et vous pourrez rapidement avoir un rendez-vous ». Ce fut comme une évidence, la réponse était là. J’avais réellement un besoin d’être rassurée, écoutée et comprise et seule une sage-femme pouvait me consacrer ce temps.

Une nouvelle aventure commence

En sortant de ce rendez-vous j’ai pris contact très rapidement avec Mme R. en lui expliquant brièvement mon histoire et en lui précisant que je cherchais un suivi grossesse. Assez vite, nous avons eu un créneau, le fameux entretien prénatal précoce. Arrivés sur place avec mon compagnon, nous avons eu un coup de cœur pour le lieux. Le cabinet se présente sous la forme d’un grand appartement avec un grand salon lumineux muni de canapés confortables. Il y a un petit coin thé & café, une table basse centrale contient de la documentation sur la contraception, des exemples de stérilets, d’implants et un squelette de bassin. Dans le fond de la pièce, on voit de gros ballons de grossesse. On sent que c’est un espace où on apprend des choses, un espace vivant et dédié aux femmes. L’endroit est très chaleureux et cosy, on s’y sent bien.

Mme R. vient nous chercher, un grand sourire aux lèvres. L’entrevue dure près d’une heure quinze. Pendant tout ce temps, nous avons discuté de nombreux sujets divers et variés : notre famille, notre rencontre, nos professions, nos naissances respectives (nous sommes tous les deux jumeaux, nés prématurés à 34 SA), de nos envies pour cette grossesse et la naissance et de nos peurs.

Nous avons également profité de ce moment pour évoquer les futurs examens à venir, la préparation à la naissance à réaliser en fin de grossesse et les échographies. Mme R. ne fait pas d’échographie, celles-ci se déroulent dans un Centre d’échographie partenaire. En général, avec un suivi sage-femme classique, il n’y a que les trois échographies obligatoires qui sont réalisées (si tout se déroule bien). Le temps presse d’ailleurs, j’approche des 11 SA, à la fin du rendez-vous, Mme R. nous propose de contacter directement le Centre pour avoir un créneau rapide afin que je puisse réaliser d’ici une dizaine de jours l’échographie du premier trimestre. Nous acceptons sans hésiter.

Je suis sortie de cette entrevue avec un sentiment de soulagement extrême, une forme de bien-être généralisée : un vide était comblé. Tous les deux d’ailleurs. Nous n’avions plus de questions, tout était clair et parti comme ‘sur des roulettes’. Mme R. allait être notre guide tout au long de cette aventure. Elle nous connaissait à présent, nous avions ri ensemble, nous avions partagé des anecdotes de notre vie et notre projet de famille. C’était la meilleure personne pour le faire car elle avait pris le temps de nous découvrir, elle connaissait nos envies, nos craintes et nos choix : une vraie connexion s’était établie pendant l’entretien.

Nous nous voyions tous les mois pour écouter le cœur du bébé, mesurer la hauteur utérine, discuter des différentes analyses réalisées et poser nos questions. Tout se déroule très bien. Dès le 7ème mois de grossesse, nous commençons les cours de préparation à la naissance. Il y a une dizaine de séances prévues, parfois individuelles, parfois en groupe. J’apprécie beaucoup les séances en groupe (entre 3 à 6 femmes enceintes, souvent au terme proche), il y a une bonne synergie, les femmes sont à l’aise pour partager leur expérience et on y rigole bien ! La plupart ont, comme moi, un suivi sage-femme dans ce cabinet depuis le début de leur grossesse.

Les trois derniers mois de grossesse, le suivi est complété avec un gynécologue. Entre-temps, j’ai changé de gynécologue, j’ai choisi quelqu’un qui était rattaché à la clinique où j’allai accoucher. C’est une consultation de 10/15 minutes où le gynécologue écoute le cœur du bébé, réalise un toucher vaginal et une mesure de la hauteur utérine. Je garde principalement mes questions pour les entrevues avec la sage-femme et les cours de préparation à la naissance et cela va très bien à tout le monde ainsi.

Le seul inconvénient que je trouve à ce suivi à l’époque est que Mme R. n’intervient pas au moment de l’accouchement. Je serai alors accompagnée par les sage-femmes de garde de la clinique. De même, à la fin de la poussée, un gynécologue présent à ce moment-là s’occupera de moi (par chance, c’est celui qui m’a suivi les 3 derniers mois que nous avons vu arriver).

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Le grand jour

Le jour de mon accouchement, un certain 11 janvier 2018, c’est finalement une jeune sage-femme que nous ne connaissions pas qui nous a accompagné. Elle a été super pendant tout le long du travail et jusqu’à la fin de l’accouchement.

Le séjour à la maternité a duré plus de temps que prévu : 6 jours quand même ! ( à lire dans cet article sur le projet de naissance). Une fois (enfin) rentrés à la maison, j’ai pu bénéficier de la visite à domicile de ma sage-femme pour l’accompagnement post-partum. C’était agréable d’avoir quelqu’un de confiance et que nous connaissions très bien à ce moment précis. De même, pendant le premier mois de vie de bébé, nous nous sommes rendus plusieurs fois par semaine au cabinet de Mme R. pour effectuer des pesées de ma fille suite au démarrage de l’allaitement. Finalement, pour clôturer cette première grossesse, j’ai également réalisé ma rééducation du périnée dans ce cabinet.

Je garde un très bon souvenir de cette grossesse où j’ai été très bien accompagnée à mon goût. Je pense que cet accompagnement a beaucoup joué et je garde aujourd’hui un souvenir d’une grossesse heureuse et sereine.

Mais alors … Pourquoi ai-je choisi un suivi gynécologue pour ma seconde grossesse ? A lire dans cet article !

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4 réflexions sur “Suivi grossesse : plutôt sage-femme ou gynécologue ? Partie I

  1. J’aime toujours les retours d’expérience! C’est toujours intéressant.
    Une petite phrase me fait tiquer… la sage-femme de la PMI qui te dit qu’il te faut une sage-femme plutôt qu’un gynécologue. J’ai du mal avec ce genre de raccourci. Elle a très bien fait son boulot vu qu’elle t’a envoyé vers la personne qui te convenait. Cependant, je ne pense que cela est du à la profession mais plutôt à la personnalité du professionnel en face de toi.
    J’ai changé de gynéco juste avant ma grossesse car je n’avais plus confiance en elle. Et j’adore ma gynéco actuelle! Elle est douce, à l’écoute, prends le temps que ça soit avec moi ou mon mari si on a des questions. Elle traine un peu à l’écho pour nous faire plaisir. 🙂 On est ressortis du premier rdv enchantés tous les deux! Je ne la vois que pour les échos car elle est plus éloignée géographiquement. Pour le suivi mensuel, je vois une sage-femme tout aussi bien. Et le mélange des deux a été parfait!
    Dans tous les cas, visiblement le changement de praticien t’a fait du bien. Et c’est le principal.
    A bientôt.

    1. Coucou mamanquinait ! 🙂
      Oui je vois bien ce que tu veux dire, ça fait un peu cliché c’est sûr !
      C’est certain que j’aurai très bien pu trouver un gynécologue qui répondait à mes attentes en cherchant bien :).
      Après, je ne lui en veux pas de ce conseil, finalement j’ai obtenu mon approche plus humaine et l’oreille que j’attendais grâce à cette sage-femme. 🙂
      A bientôt

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